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Scolarité

Dyspraxie - Dysgraphie

Le dyspraxique et l’école 

La dyspraxie est une anomalie de la planification et de l’automatisation des gestes volontaires. C’est un trouble spécifique de l’apprentissage des gestes. Sans dyslexie sévère co-morbide, l’enfant apprend à lire en CP sans grande difficulté mais est décrit comme lent, maladroit et ses réalisations motrices ou graphiques sont médiocres, informes, brouillonnes puis, rapidement, il éprouve des difficultés à l’écriture. Les parents notent des difficultés à faire ses lacets, couper sa viande, etc…En cas de dyspraxie visuo-spatiale, il éprouvera des difficultés dans toutes les tâches ou les composantes spatiales sont importantes : géométrie, géographie, dyscalculie spatiale, lenteur à la lecture.

Les difficultés commencent vraiment avec la scolarisation. Parfois considérés déficients intellectuels en raison de leur lenteur et de leur gaucherie, et plus encore si une dyspraxie oro faciale est présente (provocant une articulation difficile), leur intelligence nʼest pourtant pas en cause dans ce trouble des habiletés motrices. 

Quelques remarques et qualificatifs trop fréquemment entendus à l’école :

Maladroit, brouillon, nul en sport, débraillé, rêveur, paresseux, incapable de copier un texte, pauvre dans ses graphismes, immature... Il faut le rendre autonome, cesser de le couver…. 

Quelques répercussions scolaires :

Le signal d’appel le plus fréquent est la dysgraphie. La dysgraphie ne veut pas dire que l’enfant ne sait pas écrire mais que l’écriture est couteuse et malhabile. Ses dessins sont pauvres, il est lent, maladroit, le résultat de son travail est peu lisible (« travail sale, brouillon, chiffonné ») et se sert difficilement dʼune règle, dʼun compas, dʼune gomme, dʼune paire de ciseaux. 

Lenteur, fatigabilité et fluctuation des résultats.

Quelles que soient la nature et lʼampleur des troubles dyspraxiques, la fatigabilité restera toujours au premier plan : les enfants doivent en permanence exercer un contrôle volontaire qui est cause de fatigue.

Cette fatigue doit impérativement être respectée. Il ne sert à rien de vouloir obtenir des résultats lorsqu’ils sont fatigués. 

Malgré leurs efforts, les gestes ne sont pas toujours réussis, lʼenfant est maladroit, peu organisé et mettra plus de temps que ses pairs à acquérir une certaine autonomie. Au passage, l’autonomie n’est pas de faire les choses mais bien de savoir ce qu’il y à faire et à qui s’adresser pour le faire

Trop souvent l’enfant dyspraxique s’entend reprocher d’avoir été maladroit ou sale et de ne pas faire attention alors quʼil se sera appliqué, pour un résultat parfois très moyen et décourageant pour lui.

Montrer de lʼexaspération ou de la déception est vraiment à proscrire car lʼenfant a investi beaucoup dʼénergie dans la réalisation de ses gestes et ressent durement ces remarques désobligeantes sur ses incapacités et manques divers : il ne sait comment faire autrement.

Il faut le rassurer sur ses capacités, mettre l'accent sur ses acquis et l’encourager à persévérer. 

La fluctuation de ses résultats scolaires nʼest pas sans influence sur son estime et sa confiance en lui. (En effet, il peut réussir parfaitement à lʼécole un exercice et plus tard ne plus y parvenir). Il faudra donc organiser autour de lui et soulager ces gestes quotidiens pour lui permettre de donner toute sa mesure en classe.  

Il ne sert à rien de presser ou bousculer un enfant dyspraxique. 

Il est à noter la possibilité d’une régression spectaculaire dès quʼil sera légèrement souffrant. Un simple rhume met à mal toutes ses capacités habituelles : son degré de concentration chute de plus belle, il souffre encore plus souvent de petits accidents dʼénurésie, parle indistinctement, nʼa pas la force de se moucher… 

Les supports visuels à l’école :

Il faudra toujours être vigilant sur les supports écrits proposés par l’école. De par leur façon bien particulière à percevoir ce qui l’entoure et ce qu’il voit, les supports écrits doivent être épurés et écrit de haut en bas. Il faut absolument éviter les petites images qui se baladent, les textes écrits en travers ou dans un coin de la feuille et ce, tout au long de leur parcours scolaire. Il faut également éviter les textes en colonne car, ne percevant pas l’espace entre deux colonnes, il va lire toute la ligne comportant la 1ère ligne de la première colonne puis la 1ère ligne de la deuxième colonne. 

Mathématiques et Géométrie :

En raison de ses difficultés d’abstraction, l’enfant dyspraxique risque d’avoir de vraies difficultés en raisonnement logico mathématiques. En raison de ses difficultés neuro visuelles, il sera en difficulté pour poser les opérations. En raison des particularités précédentes et de ses difficultés de motricité fine, il sera en très grande difficulté en géomètrie. 

Préparer les exercices en les individualisant (découper le support au besoin), ou utiliser un cache pour ne montrer quʼun seul exercice à la fois.

  • fractionner le temps des devoirs, ménager des pauses fréquentes
  • enregistrer les leçons à apprendre sur un dictaphone
  • participer à la gestion du cartable, des classeurs, de l'agenda (pas de cahier de textes)

En effet, lʼenfant a du mal à ranger sa feuille dans un classeur (il se repère mal par rapport aux intercalaires puis place sa feuille au début de la rubrique ou à la fin de la précédente, l’habileté manuelle lui fait défaut). Il faut proscrire les classeurs et les portes vues.

Il lui est difficile de se repérer dans un cahier de texte (trouver le jour, écrire à la suite sans sauter de pages ou revenir en arrière). Il faut éviter le cahier de texte et préférer un agenda.

 Il est bien de privilégier les cahiers petits formats 17x22, 1 exercice par page sur format (A5 ou A6 cʼest-à-dire ½ A4 ou ¼ A4), plus faciles à manipuler que les classeurs très vite ingérables.

Ne pas être trop exigeant sur lʼécriture et la présentation. Le plus important est de respecter son rythme et de privilégier la compréhension. 

 

La Maternelle : Privilégier l'oral

Difficultés : Aides possibles

• Pour les activités suivantes, à l’école comme à la maison :

découpage, modelage, collage, coloriage, dessin, graphisme, écriture, manipulation dʼobjets, dʼoutils de puzzle (ex tangram), de jeux de construction, de motricité…

  • Éviter de lui demander de relier, entourer, écrire, dessiner, colorier … 
  • Toute tâche « crayon papier ».
  • Le décharger des aspects techniques des tâches et privilégier lʼoral pour obtenir une réponse.
  • Accepter que lʼenfant ne soit pas capable de réaliser certaines activités et les réaliser à sa place, sur ses indications.
  • Eviter l’écrit et simplifier la présentation.
  • Ne pas le faire redoubler à cause de son manque dʼautonomie, de ses difficultés à lʼécrit. Le préparer efficacement à la scolarité primaire avec les pédagogies les plus adaptées. Le préparer à la lecture en privilégiant la lecture syllabique.
  • Repérer et lire des mots en « global ».
  • Lui apprendre la relation entre graphème (lettre) et phonème (son), de façon ludique. Par exemple avec la méthode de « la Planète des Alphas. ». Prolonger les sons à repérer : la lettre f déguisée en fusée fonce en faisant fff, quand elle tombe sur la lettre o : cela fait fffo, sur le a : fffa...
  • Lui lire beaucoup de livres pour enrichir son vocabulaire.
  • Lui donner des étiquettes déplaçables pour lʼaider à comparer les mots.
  • Frapper avec les mains le nombre de syllabes contenu dans un mot.
  • Lui donner des lettres magnétiques pour quʼil puisse composer syllabes et mots. Favoriser lʼapproche de la quantité et des nombres : utiliser la mémorisation.
  • Réciter la suite des nombres.
  • Apprendre à compter des objets car il doit coordonner plusieurs actions à la fois : pointer les objets un à un sans en oublier et sans compter deux fois le même et réciter la comptine.
  • L'entraîner à reconnaître globalement de très petites quantités 1 à 3, puis 4 et 5.
  • Différencier les objets par leur couleur ou leur forme.
  • Manipuler pour lui : quelquʼun déplace les objets pendant quʼil compte. Puis plus tard, lui laisser déplacer les objets qu’il compte.
  • Présenter les objets en les organisant sous forme de constellation de dés pour faciliter la perception immédiate de la quantité.
  • Jouer à des jeux de dés et de dominos. 

Pour le primaire :

Lecture : utiliser des aides visuelles 

  • différencier certaines lettres p, b, d, q, les lettres o, a, e ...
  • utiliser une graphie autre que cursive
  • laisser de la place entre les lignes
  • percevoir les syllabes des mots (surtout quand elles sont complexes) ex : ils lisent ban/ane au lieu de ba/na/ne
  • mettre la syllabe en couleur et alterner les couleurs (ex : domino)
  • lire des mots de manière « globale » 

Ne pas insister sur :

  • se repérer dans un texte dense
  • lire sans sauter de mots ou de lignes

Et penser à :

  • prévoir des interlignes plus grandes 1,5 ou 2,
  • surligner ou souligner en couleur pour différencier les lignes
  • matérialiser le côté gauche de la feuille par une ligne verte
  • laisser lʼenfant suivre avec le doigt. Prévoir un guide lecture pour aider au repérage dans la ligne et cacher le reste du texte. 

Orthographe : favoriser la « visualisation » des mots et lʼépellation.

  • mémoriser les mots 
  • utiliser la technique des mots cachés : lire puis cacher le mot et procéder par auto-épellation yeux fermés- yeux ouverts pour favoriser la visualisation et mémorisation des mots.
  • s'appuyer sur lʼétymologie des mots. 

Ecriture : Privilégier l’ordinateur dès le CE2

Difficultés voire impossibilité pour avoir une écriture de qualité et rapide.

  • conserver le type dʼécriture (script, cursive, capitale), la taille des lettres
  • tenir le crayon sans crisper les doigts, sans fatigue.
  • rechercher le bon outil : crayon triangulaire, guide doigt triangulaire, crayon à mine décalée (Yoropen), - - -   - pour les crayons à papier : 
  • essayer une mine plus sèche (H) ordinaire(HB) ou plus grasse (2B) et parfois le stylo plume (plume solide, bout rond) qui glisse bien (à partir du CE1 ) ou stylo Paper Mate Replay effaçable
  • si l’ordinateur n’est pas mis en place, utiliser des feuilles à une seule interligne de 1cm ou des formats écoliers agrandis (2,5mm ou 3mm, en surlignant de couleur claire la ligne de base
  • limiter l'écriture manuelle, éviter les copies
  • s’il est impératif d’écrire, prévoir la place pour cet écrit
  • fournir des photocopies
  • utiliser l'ordinateur (apprendre les techniques du clavier et du traitement de texte avec l'aide de l'ergothérapeute) 

Mathématiques : utiliser des aides visuelles et spatiales

  • compter sur ses doigts, surcompter (dissociation des doigts difficile).
  • repérer la valeur de position des chiffres d'un nombre (centaine-dizaine-unité ).
  • tracer et utiliser les signes < > , tracer et utiliser les signes + X .
  • éviter les tables d'additions, de multiplications présentées sous forme de tableau de Pythagore (tableau à double entrée). Préférer la calculette.
  • poser et calculer des opérations en colonnes
  • jouer à avancer ou reculer sur une grande file numérique à l'aide d'un dé (utiliser des couleurs différentes pour chaque case) : « combien dois-je faire pour tomber sur le 10 si je suis sur le 6 ».
  • proposer des couleurs pour chaque valeur des chiffres d'un nombre (exemple : unité = bleu – dizaine = vert – centaine = rouge). Conserver les mêmes codes couleur pour toutes les classes de primaire.
  • utiliser des constellations pour visualiser les petites quantités (travailler les opérations avec des cartons flash)
  • proposer des dispositions non spatiales : en lignes pour les additions, soustractions...
  • proposer des grilles toutes prêtes ou des opérations déjà posées
  • utiliser un logiciel pour poser les opérations comme POSOP (à télécharger sur http://association.idee.free.fr/ )
  • évoquer la mentalisation des quantités et les stratégies de calculs : verbaliser "9 c'est presque 10, c'est 10 moins 1"  

- Géométrie-Mesure-Géographie

L’enfant dyspraxique est en grande difficulté pour :

  • reproduire des figures géométriques, utiliser des instruments pour tracer des figures (règles, compas, gabarit) ou mesurer.
  • tracer des figures sur quadrillage, utiliser un tableau à double entrée
  • réaliser des cartes, schémas....

Il faut :

  • privilégier une description orale à une construction papier
  • rajouter des repères de couleur dans les tableaux de conversion
  • utiliser des logiciels de géométrie
  • utiliser le logiciel développé par l'INSHEA : la Trousse GéoTracé
  • utiliser des règles où les chiffres des 5 et 10 sont bien apparents (en rouge par ex)  

L'acquisition de l'autonomie et l'estime de soi :

Rappel : l’autonomie n’est pas de faire les choses mais bien de savoir ce qu’il y faut faire et à qui s’adresser pour le faire. 

Dans tous les cas, l’enfant dyspraxique souhaite acquérir son autonomie, plus encore que l’enfant ordinaire. Il est donc important de le suivre. Il fera seul dès qu’il sera en capacité de faire seul. En attendant, il est essentiel de l’aider autant qu’il est possible de le faire, d’organiser autour de lui. Il faut lui faciliter la tâche et adapter, contourner avec lui, au moyen d’astuces toutes les difficultés rencontrées.

Il est également important, en classe, de le valoriser par des responsabilités à sa mesure et par des tâches qui serviront à la communauté (taper le poème sur l’ordinateur, par exemple, avant photocopie pour les élèves de la classe).

Toujours en décalage avec des enfants du même âge, il pourra, de mieux en mieux, contourner ses difficultés. Par contre, il faut absolument mesurer et reconnaître les efforts qu’il doit, sans cesse, opérer.

Il ne sert à rien de presser ou bousculer un enfant dyspraxique. Il est utile, de temps en temps, de le rappeler à l'exercice par de petits questionnements : qu'es-tu en train de faire ? Que dois-tu faire ? Où en es-tu ? Si l'enfant "ne revient pas", il faut alors respecter sa fatigue et ne pas insister.

Il faut prendre en considération sa fatigue, le temps disponible, l’urgence de la situation et la priorité sur les actes essentiels.

 

 

 

 

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