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Dyspraxie - Dysgraphie

LA DYSPRAXIE OU SYNDROME DE L'ENFANT MALADROIT

 

 

La dyspraxie entraîne une incapacité totale ou partielle à automatiser et planifier les gestes, volontaires et intentionnels, sans pour autant que la personne ne présente de troubles moteurs ou de déficit intellectuel. (A différencier de la marche, par exemple, qui est un geste inné.) 

La dyspraxie peut être, et/ou :

  • constructive ou visuo constructive : difficultés à assembler (legos, cubes, bricolage, puzzles…)
  • visuo-spatiale : difficultés à descendre des escaliers, se repérer dans un lieu, dans un texte, sur une feuille, sur un plan  (trouble dans l'organisation du geste + trouble du regard)
  • idéatoire : difficultés à utiliser et manipuler des objets et des outils (stylo, compas, couteau,...)
  • idéomotrice : difficultés à mimer, imiter des gestes
  • oro-faciale : difficultés à articuler, parler, siffler, souffler les bougies, déglutir…

Parce que faire fonctionner les yeux relève aussi d’un geste, des troubles oculomoteurs sont à rechercher : difficultés à fixer un objet ou à le suivre des yeux, saccades oculaires, préhension de l’espace, etc… . 

Confrontés au système scolaire et à l’écriture, les enfants sont de plus en plus souvent dépistés. Ils pourraient l’être bien avant cependant si les enseignants étaient formés, car dès les exercices de motricité en maternelle, leur gaucherie est visible et devrait alerter. 

Les indications suivantes sont données à titre d’exemple, elles peuvent être plus ou moins importantes et plus ou moins nombreuses, d’un enfant à l’autre. 

 

 

 

Au niveau de la coordination globale :

  • l'enfant court de façon désordonnée, nʼarrive pas à coordonner les bras et jambes quand il nage, a parfois du mal à marcher surtout en terrain accidenté (forêt, montagne, sable…)
  • il lui arrive très souvent de se cogner, de se prendre les pieds dans nombres dʼobstacles, de trébucher et tomber plus que de coutume
  • il descend les escaliers avec difficulté, doit se tenir pour ne pas tomber en avant et ne semble pas voir les marches (nʼévalue pas leur hauteur, leur régularité)
  • d'un point à un autre, il se déplace en ligne droite, par le chemin le plus court et tant pis pour ce qui se trouve sur le parcours.

Peuvent se rencontrer également des problèmes de tonus musculaire, en trop ou pas assez : trop de force utilisée pour fermer une porte, pas assez de force pour « tenir son corps » : posture mal adaptée à la situation (« avachi » sur son siège). 

Sur le plan sportif, lʼenfant ajuste mal les gestes nécessaires pour envoyer ou attraper un ballon, il ne pourra « shooter » de façon adéquate. 

On peut trouver également des problèmes dʼéquilibre qui ne faciliteront pas, par exemple, l'apprentissage de la natation : sous l'eau, du vélo : les stabilisateurs ne seront abandonnés que très tard. 

 

 

 

Au niveau de lʼorganisation du regard :

Il a du mal à utiliser ses yeux pour explorer, balayer, fixer, saisir efficacement lʼinformation visuelle : il sera gêné pour se repérer sur une feuille et sʼorganiser dans lʼespace de cette feuille, copier au tableau, trouver un objet... il pourra avoir des difficultés pour lire un texte dense écrit en petits caractères, se repérer dans un tableau à double entrée, poser une opération... Ce sont des problèmes neuro-visuels ou des troubles occulo-moteurs qui ne sont pas forcément repérables par les ophtalmologues car lʼacuité visuelle nʼest pas en cause. 

 

 

 

Au niveau de la bouche (sphère bucco-phonatoire) :

  • La sensibilité de la sphère orale peut être atteinte : lʼenfant a du mal à mâcher, mastiquer, déglutir, cracher.
  • Il peut avoir des difficultés pour siffler, souffler une bougie, faire des bulles, manger des fruits à noyaux (et séparer la chair du noyau). 
  • Il est souvent sale autour de la bouche, ou sur le tee-shirt, après le repas. 

Dans les cas plus importants, il peut avoir un rapport particulier à la nourriture, il peut avoir des réactions nauséeuses à la vue de certains aliments ou en sentant certaines textures (hypersensibilité au goût). Lʼensemble de ces difficultés sʼestompera avec le temps chez une majorité dʼenfants. 

 

 

 

Au niveau du langage oral :

L’enfant atteint de dyspraxie ne sait pas toujours comment placer sa bouche pour parler ou faire d’autres gestes oraux tels que contrôler sa salive, souffler, mastiquer, boire ou se moucher.

Pour l’enfant dyspraxique, il est difficile d’apprendre à parler, car PARLER exige la coordination de beaucoup de MOUVEMENTS : des lèvres, de la langue, des joues, des cordes vocales, de la respiration. Plus les mots sont longs, plus il y a de mouvements à faire et plus c’est difficile pour l’enfant.

 

La dyspraxie verbale :

 

Dans le cas d’une dyspraxie oro faciale (dyspraxie verbale), l’enfant aura des difficultés d'élocution. La dyspraxie verbale est un trouble relié à la prononciation, et non à la compréhension, à l’apprentissage du vocabulaire ou à la construction des phrases. Plus précisément, l’enfant qui a une dyspraxie verbale a des difficultés importantes à planifier les mouvements nécessaires pour parler.

La dyspraxie verbale est un trouble du mouvement pour produire la parole. Ce trouble n'est pas dû  à un manque de stimulation.

 

L'enfant atteint de dyspraxie verbale ne sait pas toujours comment placer sa bouche ou faire d'autres gestes oraux tels que contrôler sa salive, mastiquer, boire ou se moucher…

Comme expliqué ci-dessus, parler exige la coordination de nombreux mouvements. Plus les mots son longs, plus il y a de mouvements et plus c'est difficile.

 

On pourrait constater sur l'enfant qu'il :

- babille et parle très peu

- fait des efforts pour bien placer sa bouche afin de dire des sons et des mots

- prononce le même mot de plusieurs façons bateau bato pato to tato

- produit un son dans un mot mais ne peut le reprendre dans d'autres faire le son m de maman mais n'y arrive pas dans maison

- contrôle difficilement sa salive (peut même baver), montre des difficultés à avaler les gros morceaux

- prononce des syllabes seules comme "mou" et "ton" mais est incapable de les mettre ensemble pour former un mot

 

Pour l'aider, il faut :

*ne pas le brusquer et laisser du temps pour s'exprimer

*l'encourager à communiquer et trouver des supports geste son intonation images

*Toujours se placer en face et articuler clairement pour qu'il voie les mouvements de la bouche

*Lui faire sentir que ce qu'il dit est important

*Mettre de l'expression dans votre visage et votre voix

*Recherchez des activités où les sons simples ont une signification

*Prendre du temps et du plaisir à communiquer, s'appuyer sur ses intérêts pour le motiver

 

*Mettre des gestes pour accompagner les actions

 

 

 

Au niveau de la concentration :

L’enfant est mono tâche (une seule chose à la fois) et cela vaut aussi pour la concentration.  

Parce qu’en difficulté de discrimination auditive (il entend tout), il peut sembler ne pas écouter, il est facilement distrait et peut avoir du mal à se concentrer en classe. 

La nécessaire concentration pour tous les gestes augmente la fatigue et donne l’impression qu’il manque d’attention et qu’il est rêveur.

Il peut oublier facilement les instructions et consignes parce qu’il gère difficilement deux informations en même temps ; il vous faut répéter voire reformuler si les informations sont complexes et longues. Il fera une chose à la fois, une consigne à la fois.

Il répond souvent de façon impulsive, pour faire plaisir. Cette impulsivité dans les réponses est souvent source dʼerreurs, alors quʼil répondra correctement sʼil observe un temps de réflexion.

Mais aussi, en difficulté d’abstraction, il va répondre au sens littéral de la question, sans en percevoir son sens implicite. La formulation de la question est donc essentielle.

Ces troubles sont aggravés par une hypersensibilité aux bruits ambiants, ce qui accentue encore la fatigue et lʼénervement.

Néanmoins, il est nécessaire de faire une recherche sur les troubles attentionnels isolés ou associés à de lʼhyperactivité en raison de la fréquence d’associations des divers troubles des apprentissages. 

 

 

 

Au niveau du repérage dans le temps :

L'enfant peut rencontrer des difficultés à mémoriser la suite des jours de la semaine, se repérer dans la succession des activités de la journée, connaître les dates (jour/veille/lendemain), la suite des saisons ou sa date anniversaire. Il est préférable d’utiliser un agenda à  la place d’un cahier de texte. 

 

 

 

Au niveau social et relationnel :

Socialement, il arrive que certains enfants dyspraxiques puissent avoir des attitudes inhabituelles, parfois étonnantes voire dérangeantes. 

Concentré sur une tâche, il ne peut sʼempêcher de faire des mouvements parasites, par exemple ( il ouvre la bouche, grimace, tire la langue, tripote un objet, bouge les jambes…) ce qui est parfois perçu comme « bizarre », « dérangeant » ou « énervant ». Il sʼagit en fait de mouvements involontaires, donc peu contrôlables, quʼil est vain dʼessayer de « réprimer ». Il peut tomber de sa chaise.

Plus fréquemment, il « se met dans vos jambes », se tient trop près. Il dose mal ses mouvements. 

De la même façon, il serre trop fort quand il embrasse les gens ou bien ne présente pas sa joue car il évalue mal les distances.  

Il nʼinteragit pas en fonction de lʼautre au niveau de lʼoccupation de lʼespace. 

 

Dans les situations de communication en particulier dans un groupe, il doit gérer trop dʼactions simultanément pour être à l’aise.  

Par rapport à ces difficultés motrices, il lui est difficile d’écouter, de regarder les autres, de décoder le langage non verbal (expression du visage, timbre de la voix), de supporter lʼagitation et le bruit, de respecter les distances entre les personnes. Et plus encore lorsque ces actions sont simultanées. Cela lui demande tant dʼefforts que, fatigué, il peut éprouver le besoin de se mettre en retrait (il sʼisole parfois lors des récréations, lors dʼune fête). 

Il peut avoir aussi des difficultés à structurer son discours et il lui est plus facile de répondre à des questions précises. Il peut parler trop fort ou sʼexprimer avec beaucoup dʼenthousiasme : certains battent des bras quand ils sont excités. Il est en difficulté pour gérer ses émotions. 

Lorsqu’il s’exprime, il peut aussi toucher quelquefois son interlocuteur, ce qui est souvent mal toléré. 

L'enfant dyspraxique peut être gêné par un dysfonctionnement de son système sensoriel : il perçoit trop ou pas assez certaines informations sensorielles. Une information visuelle non stable pousse à se fier davantage au toucher. Les enfants souffrant en particulier de dyspraxie visuo-spatiale nʼappréhendent pas lʼenvironnement de manière ordinaire. 

Il semble regarder ailleurs quand on lui parle, il fournit un réel effort pour maintenir son regard. Ce regard fuyant nʼest ni de lʼimpolitesse, ni de lʼinattention, mais une conséquence de ses problèmes visuels et de la nécessaire concentration au discours qu’il doit faire. Certains reconnaissent mal les visages et les expressions (peu la colère, la joie, l’interrogation,…) de ces visages. Ce qui a fait penser trop longtemps à des troubles autistiques alors que l’enfant dyspraxique est réellement dans l’échange. 

Il apparaît nonchalant (difficulté à la posture), il bâille lorsque vous lui parlez, il a du mal à soutenir son attention. Rappelez-vous quʼil est très fatigable : ce comportement nʼest pas forcément lʼexpression dʼun désintérêt. 

Lʼenfant peut avoir des difficultés à réaliser des gestes simples comme se moucher, sʼessuyer après être allé aux toilettes, fermer leur braguette et le bouton de leur pantalon, couper leur viande, peler un fruit, ne pas oublier de se laver les parties non visibles (aisselles, nuque, ...). Au-delà dʼun certain âge, ce manque dʼautonomie est mal toléré et mal compris socialement.

Pour se protéger, certains enfants peuvent éviter ou refuser obstinément les situations nouvelles, les changements dʼhabitudes, les lieux pas encore explorés. On les pense alors craintifs, immatures, incapables de sʼadapter, alors que ce comportement leur est dicté par une certaine impuissance à décoder leur environnement aussi vite et bien que les autres. Dʼautres, au contraire, se précipitent trop rapidement au-devant de situations où leur comportement sera incompris.  

Les efforts dʼadaptation dus à la dyspraxie entraînent une grande fatigue, qui nʼest pas toujours perçue par lʼentourage. Celui-ci ne réalise pas non plus que lʼenfant cherche à éviter les situations coûteuses en énergie.

 

Tous ces phénomènes rendent difficile à lʼenfant lʼappréhension dʼune juste distance sociale et la bonne évaluation des codes sociaux. 

 

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